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Robberback

Niveau de Dangerosité : Périlleux

Fréquence : rare

Race : Wyvern Ornitéide

Taille : lg : 10 m, env : 20m

Poids : 700 kg

Description Morphologique : vouivre noire se tenant sur quatre pattes, aux membres antérieurs armés de longues griffes courbées et acérées. Le corps du monstre est couvert de plumes noires dont les rayons du soleil font saillir des reflets violacés. Sa longue queue est dénudée, seulement hérissée de petites pointes le long de ses vertèbres, et ornée de gigantesques plumes noires à son extrémité. La tête imposante de la créature évoque cette d'un corbeau, possédant un bec proéminent et de larges narines bénates, tandis que ses yeux étincèlent d'un jaune vif presque doré. Enfin, repliée sous ses immenses ailes d'ébène membraneuses, une pair de pattes à mi-chemin entre la serre aviaire et la main humaine est repérable par l'observateur attentif, à demi emmitouflée sous les plumes.

Habitat : tous, à l'exception de désert trop arides et de plaine sans point culminant.

. Comportement : 

 

. Généralités : le Robberback, parfois surnommé Prince des Corbeaux ou Vouivre Pillarde, est une créature principalement charognarde au mode de vie opportuniste. Si son tempérament prudent – voir lâche – en fait un trait caractéristique, une circonstance peut pousser ce monstre à faire preuve d’une redoutable ténacité : l’appel d’un trésor.

 

. Particularités Impalpables : le Robberback ne semble posséder aucune affinité particulière avec l’Impalpable.

 

. Chasse et Alimentation : le Robberback est principalement charognard. Si son propre appareil olfactif lui permet tout à fait de détecter une carcasse à plusieurs kilomètres à la ronde, certaines observations font également mention de son habitude à se laisser guider par d’autres charognards – les vautours par exemple – qu’il n’hésite pas à chasser une fois sur site, mettant en évidence une redoutable intelligence.

Toutefois, au-delà de ses habitudes nécrophages, le Robberback s’attaque régulièrement à des proies vivantes, du moment qu’elle ne puisse opposer aucune résistance. Aussi n’est-il par rare de voir un Robberback s’attaquer à un adversaire blessé, isolé, ou inoffensif.  Une exception à cette règle existe cependant, et non des moindres : une fois qu’un Robberback s’est laissé séduire par l’aspect décoratif d’une proie – cuirasse rutilante, couleur chatoyante, chitine polie, les exemples ne manquent pas – il peut alors faire preuve d’un courage inhabituel, qui peut même se muer en témérité dans certains cas particuliers, lorsque l’envie de s’approprier son « trésor » l’obnubile.

 

. Territorialité : la femelle Robberback est nomade, et parcourt d’immenses distances au cours de sa vie. À l’inverse, un mâle Robberback contrôle un vaste territoire, et tolère peu la compétition d’un congénère, en dehors de la période de reproduction. Additionné à leur remarquable capacité d’adaptation, cela explique leur grande aire de répartition.

Curieux de nature, le Robberback arpente au cours de sa vie chaque recoin de son territoire, quitte à déranger d’autres créatures jusque dans leur repaire, si bien qu’il est admis qu’un individu installé depuis suffisamment longtemps dans une région en connaît le moindre détail.

Ces incursions ne sont pas désintéressées : en effet, outre sa quête de nourriture, l’exploration quotidienne de son territoire par un Robberback vise à dénicher des « trésors » - comprendre objets colorés ou brillants – eux-mêmes au cœur de son mode de reproduction.

Une fois amassés, les trésors sont transportés jusqu’au nid du Robberback, situé au cœur de son territoire. Perché en hauteur – à la cime d’un arbre, en haut d’un moulin, sur un pic rocheux… - ce nid est immédiatement identifiable, en premier lieu par l’odeur pestilentielle qui s’en dégage, visant entre autres à éloigner les prédateurs et pilleurs de nid, mais surtout par ce qui le compose. Constitué d’os et de branchages agglomérés et colmatés à l’aide de sa salive qui lui donne son odeur, ces grandes aires d’une quinzaine de mètres d’envergure sont incrustés d’un parterre de trésors rutilants, variant en nature selon l’environnement du nid : écailles de poissons, plumes d’oiseaux, fragments de métaux, étoffes et voiles de navires, armures, pierreries, … autant d’objets hétéroclites dont la taille varie de celle d’un ongle à ce que la créature peut avoir de limite de transport.

 

. Particularités Sensorielles et Vocalisations : Les sens d’un Robberback sont très développés. Son odorat est très aiguisé, ce qui lui permet de repérer une charogne ou le nid d’un congénère à très longue distance, tandis que sa vue est perçante, à même de dénicher le moindre trésor dissimulé sous l’ombrage d’une forêt. En outre, son ouïe est fine, et son tempérament souvent qualifié de paranoïaque fait qu’il est perpétuellement sur le qui-vive, en faisant une créature difficile à piéger ou surprendre.

 

. Cycle et Mode de Vie : une fois né, un jeune Robberback reste au nid pendant de longs mois, nourrir et protégé par ses parents, jusqu’à atteindre un développement suffisant pour permettre le vol – ils ne sont alors qu’à la moitié de leur développement. Ce stade atteint, ils quittent le nid et se dispersent. C’est alors la période de leur vie où ils sont le plus vulnérables. Tandis que les femelles vivent furtivement en quête de nourriture facile, les jeunes mâles cherchent déjà à dénicher un territoire inoccupé où se sédentariser : plus facile à dire qu’à faire, car les mâles adultes défendent farouchement les limites de leur territoire, et, s’ils tolèrent la présence de jeunes femelles qui deviendront un jour des compagnes potentielles, ils chassent sans pitié les jeunes mâles, futurs concurrents, allant parfois jusqu’au cannibalisme. Ce triste sort explique la surreprésentation des femelles au sein de l’espèce, la plupart des mâles n’atteignant que rarement le stade adulte. Toutefois, si d’aventure un jeune mâle parvient à trouver un endroit où bâtir son nid, son espérance de vie augmente considérablement, les mâles ayant atteint leur majorité sexuelle vivant en moyenne bien plus longtemps que les femelles au mode de vie plus précaire, pouvant atteindre aisément les 70 ans en moyenne, là où les femelles peinent à atteindre les 50 ans en moyenne. Les spécimens les plus âgés recensés sont donc majoritairement des mâles, l’individu le plus ancien dont on ait la trace ayant atteint, selon les estimations, plus de 160 ans. Surnommé l’Empereur des Corbeaux, ce vieux mâle possédait un nid démesuré recelant une quantité astronomique de richesses où couvaient cinq femelles ; le raid organisé par la Chevalerie Soiebleutoise fut une aventure comptant parmi les plus célèbres de la région, et le nid fut offert en cadeau au Roi Paon de l’époque, et compte parmi les trésors de la couronne, exposé dans la salle du trône.

 

. Reproduction : toute la quête de trésor du Robberback prend son sens lors de la période de reproduction. Les femelles en rut arpentent le continent en quête d’un nid de mâle, qu’elles repèrent grâce à l’odeur puissante qui s’en dégage, mais aussi à la simple vue, raison pour laquelle les emplacements hauts perchés, évidents par les cieux mais dissimulés à la vue des prédateurs terrestres sont très convoités par les mâles. Une fois sur place, la femelle jugera de l’état du nid : si celui-ci est pauvre et terne, elle s’en va sans demander son reste et en trouvera un plus attrayant. S’il est rutilant et bien situé, elle accorde l’accouplement au mâle, et y reste.

La femelle fécondée pond une dizaine d’œufs noirs et anguleux, semblables à des pierres précieuses mates. Durant la période de couvaison, le mâle se montre particulièrement agressif et offensif, puisqu’il doit ingérer deux fois sa quantité habituelle de nourriture, dont il régurgite la moitié au nid afin de nourrir sa femelle. Au terme de trois mois d’incubation, les œufs éclosent, et les petits – appelés Robberbillons – sont nourris par les parents qui alternent les périodes de prédation entre eux.

Une fois que les Robberbillons quittent le nid, la femelle retrouve un tempérament nomade, et quitte le nid, bien qu’il est courant qu’une fois arrivée la nouvelle saison des amours, elle revienne en priorité vers le même mâle.

Il est à noter enfin que quelques nids particulièrement grands, souvent construits par des mâles à l’âge avancé, peuvent parfois accueillir plusieurs femelles, mais le cas est extrêmement rare, et n’est observé qu’au cœur de régions particulièrement abondantes en nourriture, permettant au mâle de subvenir aux besoins nutritifs des deux femelles, comme au sein du Val Carnassier.

 

. Chaîne Alimentaire : le Robberback, par son imposante carrure, sa redoutable intelligence et son aptitude à voler, est bien situé au sein de la chaîne alimentaire, et, bien qu’il souffre de certains prédateurs, il parvient généralement à éviter leur confrontation. La plupart des prédateurs du Robberback sont ainsi des créatures volantes, capables de rattraper le vol maladroit de la créature lorsqu’elle tente de s’enfuir, où de s’introduire directement dans son nid : c’est le cas, entre autres, des Amphisbènes, Gausinélis ou autres Reïrglams. Au sein des Terres d’Enahyr, l’Yekoraÿna est un prédateur que le Robberback peine à éviter, sa vitesse étant telle qu’une fois repéré, il est souvent trop tard pour le Robberback de s’enfuir. Au cœur des Terres Croupissantes, en revanche, c’est le Melgyär qui terrorise les Robberbacks, parfaitement insensibles à l’odeur répulsive de leur nid dans lesquels il s’introduit aisément et massacre les petits ou dévore les œufs – la femelle abandonnant souvent la progéniture à son sort lorsqu’elle repère la menace -, si bien que les Robberbacks évitent s’ils le peuvent le territoire d’un Melgyär, ou, à défaut, prennent garde à rendre leur nid parfaitement inaccessible depuis le sol.

 

. Le Robberback et l’Homme : le Robberback est omniprésent dans les textes et légendes folkloriques un peu partout en Ysarie, souvent symbole de cupidité ou d’avarice. Et pour cause, l’humanité s’y confronta à maintes reprises !

En effet, la curiosité naturelle du Robberback fut régulièrement au cœur de défis à relever pour les populations humaines, la présence de ce monstre dans une région garantissant sa visite, tôt ou tard. La cohabitation avec cette créature est difficile : robuste, elle trouve en les humains des proies souvent faciles, et n’hésite pas à s’attaquer à eux par simple opportunisme. Mais surtout, le Robberback et l’Homme partagent un trait commun : le goût pour les trésors. Mieux encore, là où les Robberbacks ne font que les collecter, les humains ont l’habitude de les façonner. Redoublant d’intelligence, c’est un point que de nombreux Robberbacks finirent par comprendre, et certains érudits suspectent une transmission du savoir de génération en génération chez ces créatures, s’appuyant sur une multiplication de cas de pillages de villages par ces créatures, s’attaquant même à des convois à la marchandise pourtant dissimulée, preuve que ces monstres ont une conscience de la probabilité qu’un humain a de détenir un trésor.

Plus encore, ces comportements ont pu trouver leur aboutissement dans certains cas bien documentés. En effet, certains Robberbacks furent observer en train de piller à intervalles régulier des villages sans laisser de victimes, se contentant de récupérer ce qu’il y trouve, et ce particulièrement au sein de villages d’artisans. Seule conclusion logique : un Robberback peut avoir conscience de la création de trésor, et sait en tirer parti. Ainsi, certaines populations ont pu s’accomoder de la présence d’un Robberback en lui dressant un autel d’offrandes, auquel, à intervalle régulier, le Robberback puise, laissant la population en paix le reste du temps. Mieux encore : une véritable symbiose pu parfois s’organiser, le Robberback se contenant des offrandes qui lui sont données, et protégeant le village d’attaques d’autres prédateurs, se garantissant ainsi une profusion de trésors sur la durée. Il fut ainsi recensé des villages adulant, de génération en génération, un Robberback élevé au rang de protecteur local.

Outre ces cas particuliers, le Robberback, ou plus particulièrement son nid, fait office de convoitise pour certains, souhaitant faire main basse sur la marchandise pillée par la créature. Ces chasseurs de trésors spécialisés - se revendiquant parfois comme Pilleurs de Corbeau - sont ainsi passés maîtres dans l’art d’appâter un Robberback, l’attirant hors de son nid pour laisser le champ libre à son pillage, si possible sans blesser la créature elle-même, celle-ci regagnant son nid lorsqu’elle se sent perdre une confrontation.

Enfin, il n’est pas rare que, en la présence d’un Robberback dans un région habitée, des épouvantails grimé de la manière la plus terrifiante possible soient dressés aux abords des populations humaines, avec dans le but de chasser cette créature, connue comme facilement impressionnable. Hélas, celle stratégie a ses limites, un Robberback apprenant généralement à identifier, sur la longueur, ce qui constitue un danger et ce qui n’en constitue pas.

 

. Alchimie et Confection :

La salive de Robberback est prisée en alchimie, permettant la fabrication d’Air Vicié, ou de Colle Noire.

 

. À l’intention des chasseurs : le Robberback est une créature qu’il faut savoir combattre, notamment à cause de sa fréquence élevée. Bien que l’affrontement puisse se révéler très difficile, un Robberback adulte se révélant être un adversaire de taille, il existe plusieurs moyens auxiliaires d’en régler le problème.

Tout d’abord, le Robberback est une créature prévisible : ses attaques sont ciblées, et l’empilement de quelques objets tape-à-l’œil constituent un appât efficace, que ce soit pour l’attirer en premier lieu, ou le retenir de s’enfuir, cette créature ayant cette fâcheuse tendance à prendre la tangente lorsque l’issue d’un combat semble tourner à sa défaveur.

À l’inverse, lors d’un affrontement se révélant périlleux, l’intimidation est une stratégie efficace face à ce monstre, qui pourra souvent se laisser berner et quitter les lieux. Attention toutefois : le Robberback étant une créature intelligente, elle s’adapte rapidement, et l’utilisation répétée d’un même procédé visant à le faire fuir peut se révéler inefficace sur la durée, si les menaces ne se confirment pas. En outre, si le Robberback se révèle trop obnubilé par un trésor potentiel, il peut se révéler particulièrement tenance, et muer sa lâcheté en prudence analytique : il est alors plus dangereux que jamais, mettant à l’œuvre son intelligence au service de ses griffes acérées et de son bec destructeur, la meilleure option étant parfois d’abdiquer un bien et le lançant au loin, et profiter de l’occasion de fuir.

Ainsi, en connaissant la présence d’un Robberback dans une région et sans volonté de l’affronter, il est recommandé d’emballer ses biens matériels colorés et brillants dans de l’étoffe et d’empêcher les objets métalliques de tinter en s’entrechoquant, autant de signaux à même d’attirer un Robberback.

Enfin, prudence ! Plus d’un chasseur a pu se laisser prendre au jeu d’un Robberback feignant la mort. Avant de crier victoire trop vite, s’assurer de celle-ci est primordiale. Et le rappel de quelques généralités ne faisant jamais de mal, l’utilisation d’armes contondantes peut se révéler salvatrice contre un Robberback qui, par sa nature d’ornitéide, possède des os creux, prompts à se briser.

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