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L'Alcool me Sauve Quatre Fois

ou

La Ballade du Ménestrel Ivre

 

 

N'en déplaise au charlatan-roi

Qui privait votre serviteur

Au doux prétexte de son foie,

Et l'interdisait de liqueur,

La Mort-Stagnante au fond du puits

Ne souffrit qu'un survivant : moi !

Car je ne bois pas d'eau. Eh oui,

L'alcool me sauva quatre fois !

 

Seul, je dus traverser les bois

Qui me séparaient d'un refuge,

Un Narponk me bloqua la voie,

Et vomit au sol un déluge.

Dans la résine jusqu'au cou,

Je devenais un met de choix,

Mais dans la gnôle, elle se dissout !

L'alcool me sauva quatre fois !

 

Désireux de gober sa proie,

Le Cogneur d'Ambre me pourchasse.

Inspiré par le feu grégeois,

J'immolais un doigt de vinasse.

Et le jetai au monstre : il fuit !

Le feu s'abreuve de sa poix !

Vainqueur du Cogneur, je le dis :

L'alcool me sauva quatre fois !

 

Amis, plutôt que de m'occire,

Trinquez, trinquez donc avec moi !

Et je chanterai pour vous, Sires :

L'alcool me sauva quatre fois !

 

                                       - Le Gai Souriceau -

-> Note : cette ballade, massivement démocratisée dans les tavernes de l'ouest, se présente comme un témoignage des péripéties de son auteur, et aurait été monnayée contre sa vie auprès de bandits qui auraient finalement renoncé à la détrousser, comme en témoigne l'envoi si singulier.

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