
Narponk
Dangerosité : Redoutable
Fréquence : Occasionnel
Race : Sortamphibia
Taille : Ht : 4m (dressé) – Lg : 10m (de la tête à la queue)
Poids : 7T
Description : le Narponk se présente comme une salamandre ocre tirant sur le brun, particulièrement massive et charnue, hésitant entre la bipédie et la quadrupédie. Certains le décrivent comme ayant l'air sympathique : pattes courtes, démarche maladroite, ventre généreux, goître rebondi, petits yeux malicieux et une gueule souvent béante évoquant presque un sourire juvénile, exposant le rose de l'intérieur de sa bouche. Mais il serait inconscient de s'arrêter à ces apparences et d'en oublier la cuirasse de résine agglutinée en écailles et épines sur tout le long du dos du monstre, jusqu'au bout de sa longue queue musclée, où oscille, comme une masse de fléau au bout de sa chaîne, une masse résineuse hérissée d'épines parfaitement terrifiante. Enfin, la bête s'arme de deux griffes artificielles de résine, longues et tranchantes, formées autour du deuxième doigt charnu de chacune de leur patte avant.
-> "Ce qui hante les forêts", de 5860, chapitre VII, de Maître Gemypin
Habitat : Forêts ou marais de conifères
Comportement :
. Généralités : le Narponk, parfois appelé Cogneur d'Ambre ou encore Glouton de Résine, est une créature massive exclusive aux massifs de conifères, dont il exploite la résine aussi bien comme nourriture que comme arme, armure, piège ou encore nid.
. Particularités Impalpables : le Narponk possède l'unique capacité de métaboliser la résine qu'il ingère en une substance analogue mais plus poisseuse sous forme liquide, et résistante sous forme solide. Il stocke cette résine améliorée dans une poche gulaire, qu'il peut ensuite cracher puissamment, ou la restituer par les pores de sa peau. Le Narponk s'en confectionne ainsi une armure d'épines, en laissant affleurer sur sa peau une masse de résine, puis en se suspendant tête en bas, afin de laisser la gravité faire son office et former des coulées qui, solidifiées, deviennent de véritables épines résineuses. Le monstre procède de même manière pour la formation de l'effrayante masse caudale dont il s'arme. Il est à noter que cette résine métabolisée reste sensible thermiquement, et fond rapidement si exposée à une source de chaleur intense. Parallèlement, si elle demeure parfaitement hydrophobe, elle est en revanche tout à fait soluble dans l'alcool.
Le Narponk sécrète également par la salive et la peau un puissant anti-coagulant, dont la fonction principale est de liquéfier parfaitement la résine qui fait son quotidien. Cela lui permet tout d'abord de faciliter la coulée de sève d'un arbre éventré, auquel il s'abreuve alors comme d'un puits un chameau, mais aussi de se mouvoir sans effort au travers des parterres de résine poisseuse qu'il génère, en la liquéfiant sous ses pas, et enfin de se débarrasser d'une masse de résine qui pourrait l'encombrer.
. Chasse et Alimentation : le Narponk n'a pas volé son surnom de Glouton de Résine. Omnivore opportuniste, ce monstre au vorace appétit et au large gosier possède tout un panel de techniques de chasse lui garantissant un menu complet.
Tout d'abord, le Narponk s'arme de deux longues griffes de résines acérée, affûtées sur la pierre, et d'une masse de résine effrayante, agglomérée au bout de sa puissante queue, évoquant un fléau. Cet outillage est proprement dévastateur, et vient à bout de la plupart des ennemis que le Narponk rencontre... s'il parvient à toucher sa cible. En effet, la puissance du monstre est limitée par sa lenteur, et ses coups patauds sont faciles à anticiper et esquiver, bien que leur portée puisse surprendre la proie inattentive. Mais un deuxième atout vient palier à ce problème : en effet, lorsqu'il repère une cible – ou mieux encore, un groupe de cibles – le Narponk régurgite un flot de résine poisseuse qu'il crache en un déluge sur ses proies, les engluant critiquement, ce qui laisse alors au colosse tout le loisir de les broyer sous sa masse résineuse.
Ultime tâche au tableau : l'approche furtive. En effet, le Narponk n'est pas réputé pour la légèreté de son pas, et sa course balourde ne suffit que rarement à rattraper une proie en fuite : c'est pourquoi le Narponk privilégie la chasse à l'affût. Chose étonnante, ce monstre, malgré sa constitution, est tout à fait capable de se hisser aux troncs larges de grands arbres ou le long de parois rocheuses, s'aidant à la fois de sa queue préhensile et de la résine qu'il forme sous ses passes et ventre comme un adhésif pour assurer son ascension. Une fois suspendu, le monstre attend son heure, camouflé parmi les branchages grâces aux feuilles, aiguilles, et fragments d'écorce dont il s'englue le dos. Lorsqu'il repère une proie potentielle, il largue d'abord un flot de résine, avant de se laisser tomber et rejoindre le combat, parfois en s'écroulant sans vergogne de tout son poids sur le malheureux élu du sort sans défense.
Enfin, si le Narponk ne brille pas par sa vitesse de course, il peut en revanche faire preuve d'une remarquable ténacité lorsqu'il sait une proie sécurisée. Il met ainsi cette détermination à exécution si, malgré une morsure, une proie est parvenue à s'échapper. En effet, sa salive anti-coagulante agit alors comme un vicieux poison, les blessures de la cible, incapables de se refermer, finissant par avoir raison d'elle au terme d'une lente agonie par hémorragie, le Narponk n'ayant alors plus qu'à suivre la piste de sang pour retrouver son butin.
. Territorialité : le Narponk est très territorial, et s'élance fréquemment dans une guerre de territoire avec un congénère ayant eu la témérité d'en franchir les frontières, la créature tolérant peu la compétition sur les conifères dont il s'approprie la résine. C'est d'ailleurs l'une des principales causes de mortalité chez les Narponks, qui autrement souffrent de peu de prédateurs.
Le territoire d'un Narponk est généralement centré autour d'un point d'eau douce – rivière ou lac forestier, et est immédiatement reconnaissable par les initiés à la vue de conifères exsangues, de parterres de résine solidifiée, ou encore de rochers marqués de sillons garnis de résidus de résine, où les Narponks affûtent leurs griffes.
. Particularités Sensorielles et Vocalisations : les Narponks peuvent se montrer d'autant plus agressifs que leur sens ne sont pas très affûtés. Leur vue médiocre est principalement basée sur le mouvement, et leur ouïe semble curieusement sous-développée. Toutefois, leur odorat est assez fin, usant, comme appareil olfactif, moins de leurs petites narines que de leur langue, raison pour laquelle les Narponks sont souvent observés la gueule béante.
En guise de vocalisation, les Narponks n'émettent que des grondements sourds lors de manœuvres d'intimidation, généralement à l'encontre d'un rival.
. Reproduction : le Narponk cherche un partenaire lors de Renaissance ; le mâle sécrète alors une résine plus odorante que d'ordinaire, particulièrement musquée, et en laisse des résidus au fil de son passage, se risquant alors au delà des limites de son territoire, à la recherche d'une femelle. Cette période de quête peut se révéler dangereuse pour les populations alentours, étant la seule période durant laquelle un Narponk n'ayant pas trouvé de partenaire se risque à une vadrouille au delà des limites des bois qu'il habite d'ordinaire, pouvant sur son chemin semer un chaos tournant parfois au carnage.
Il arrive régulièrement que, au cours de leur errance, deux mâles se confrontent, occasionnant alors une lutte à mort particulièrement violente, aucun des deux belligérants ne tolérant la concurrence. Une fois deux partenaires réunis et l'accouplement accompli, les voies se séparent, et chacun retrouve son territoire. Le femelle opère alors un rite de nidification, en confectionnant à divers emplacement haut-perchés des sortes de cocon de résine en forme de vase à entonnoir, exposés au ciel, collés à des troncs d'arbres ou des front rocheux, et y laisse un œuf fécondé – entre 10 et 50 par saison, le tout aux débuts de Luxuriance.
Ces étranges nids sont destinés à recevoir les pluies abondantes, procurant ainsi l'eau essentielle au développement des larves, tout en étant rendu beaucoup moins accessible à d'éventuels prédateurs.
Cycle et Mode de Vie : les têtards une fois éclos se nourrissent progressivement aussi bien des insectes glissant au fond de l'entonnoir que des parois de résine elles-mêmes, qui constituent alors leurs premières ressources en sève, avant de pouvoir eux-même lacérer l'écorce des conifères. Le développement des têtards se conclue à mi-luxuriance, alors qu'ils s'extraient du nid et adoptent un mode de vie purement arboricole : cette étape est la plus dangereuse de la vie d'un Narponk, n'étant plus protégé par le cocon de résine, mais trop faible et malhabile pour résister à l'assaut des prédateurs. Au terme de Luxuriance, les jeunes Narponks se mettent en quête d'un point d'eau où se développer suffisamment pour ensuite pouvoir arpenter la terre ferme, occasionnant, une nouvelle fois, une vague de cannibalisme.
Le Narponk atteint sa taille adulte en quelques mois, suivant la profusion de proies, et peut vivre jusqu'à une cinquantaine d'années en milieu sauvage.
Il est à noter qu'à la fin de Déclin, les Narponks se préparent à l'hibernation, raison pour laquelle ils se font plus voraces encore qu'à l'accoutumée, tuant plus qu'ils ne peuvent manger, laissant derrière eux, accrochés à mi-hauteurs d'arbres, de curieux cocons de résine en guise de garde manger, contenant le butin de leur chasse, à l'abri de pillards indiscrets. Ces ressources mises en sûreté, le Narponk s'enveloppe lui-même dans un immense cocon de résine, à l'épreuve du froid, et n'en émerge qu'à l'arrivée de Renaissance. Affaibli par le jeûne, le Narponk retrouve un à un ses gardes-mangers, et recouvre ainsi ses forces pour un nouveau cycle.
. Chaîne Alimentaire : le Narponk est loin d'être un superprédateur, pour autant il souffre de peu de prédation. En effet, lorsqu'il est menacé, le Narponk couvre sa fuite en essayant d'engluer son assaillant suffisamment longtemps pour permettre sa sortie, et trouve alors refuge en haut d'un arbre dénudé ou d'un flanc de falaise, collant au tronc son ventre vulnérable pour n'exposer que son dos d'épines résineuses. Afin de faciliter sa fuite, il arrive que le Narponk se déleste de sa masse caudale, qu'il lance au visage de son assaillant avant de fuir.
De fait, les adversaires suffisamment retors pour faire d'un Narponk leur déjeûner ne sont pas légion. On compte parmi eux ceux qui parviennent à outre passer l'armure de résine, comme le Drizleck, ennemi mortel du Narponk, les Wolkantheras, ou les Amphisbènes par exemple, ainsi que d'autres créatures possédant la maîtrise des flammes, devant lesquelles la résine du Narponk fond et s'effondre. Ironiquement, l'armure du Narponk lui attire aussi un ennemi d'ordinaire craintif, mais que l'aspect luisant et doré de la résine tire hors de sa réticence pour faire vivre au Narponk un enfer : le Robberback.
Malgré ces affrontements périlleux, le Narponk reste l'un des dominants des territoires qu'il occupe, ajoutant volontiers à son menu, entre autres, Transanguinaux et Ejrümes, Ours et Glauvees, Frécturiaux et Khordysects. Il est un prédateur naturel des hordes de Saigneurs, car si leur témérité les pousse à engager le combat, les vertus anti-coagulantes de la salive de Narponk les empêche de matérialiser les armes de sang coagulé qui constitue leur atout en temps normal.
. Le Narponk et l'Homme : le Narponk n'est que rarement un problème pour les populations humaines, puisque cantonné au couvert des arbres et reclus dans ses forêts. Cependant, les confrontations arrivent : voyageur égaré, bûcheron téméraire, chasseur imprudents... La plupart des contacts se fait dans les pineraies, où la récolte de gemme, précieuse pour de nombreux emplois, se heurte souvent à son gardien.
En outre, la résine métabolisée par le Narponk possède de nombreuses particularités et vertus : utilisé comme encens et en parfumerie, idéal comme liant pigmentaire, transformé en colle ou en vernis, les usages ne manquent pas. Il est donc naturel que quelques valeureux se soient risqués au devant du monstre pour en prélever la denrée, parmi les résidus qu'il laisse derrière lui, ou directement sur sa dépouille, mais la puissance de la créature dissuade la plupart des envieux.
Enfin, le Narponk est au cœur de l'une des ballades les plus célèbre du Gai Souriceau : « Une fois de plus, l'alcool me sauva »
Alchimie et Confection :
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Colle, peinture,...
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vernis : resistance à l'eau (dégâts relancés à la baisse?)
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enduit anti-coagulant
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La Résine de Narponk est également une denrée réglementée, puisqu'elle permet de synthétiser une drogue aussi puissante que destructrice : la Vapeur d'Or.
. À l'Intention des Chasseurs : le chasseur se destinant à la traque au Narponk doit savoir dans quoi il s'engage, et s'armer de vigilance. Avant toute chose, il se doit de trouver le monstre avant d'être trouvé lui-même, le combat pouvant tourner à un désavantage dramatique si la bête l'amorce en ses termes.
En confrontation directe, l'esquive est sans doute la meilleure option, puisque tenter de bloquer les coups dévastateurs du monstre relève du suicide. Attention toutefois, puisque les projections de résine visent précisément à empêtrer ses proies : l'utilisation de leurres pour faire décharger inutilement au Narponk la majeure partie de sa poche gulaire est une option, tout comme le fait de la viser en priorité afin de lui retirer cet arsenal.
Du reste, le feu reste le meilleur ami du chasseur de Narponk, sa résine étant sensible à la chaleur, et retrouvant rapidement son état liquide si elle y est exposée : une bonne utilisation du feu peut ainsi permettre de se tirer aisément d'un parterre de résine, et faire fondre aussi bien la masse caudale du monstre que son armure. En cas de secours, une bouteille d'alcool fort sera sans doute votre meilleur allié, puisque son application sur la résine permet de la dissoudre.